[Comm2007] Chronique de Marie-Sophie Peyre

Philippe Aigrain philippe.aigrain at wanadoo.fr
Mar 22 Mar 10:15:55 CET 2005


La chronique de cette semaine, émanant de Marie-Sophie Peyre est en ligne à :
http://www.dossier2007.org/article.php3?id_article=45

REENCHANTER LE POLITIQUE DE LA DEMOCRATIE COMME BUT ET COMME MOYEN

lundi 21 mars 2005

L’appel Voter Y a été lancé pour lutter contre le désenchantement de la 
politique, la personnalisation du pouvoir et l’absence d’idées au sein du 
débat politique. Afin de relancer ce dernier, différentes thématiques ont 
émergées nourrissant la réflexion menée. Mais au sein de celles-ci, et eu 
égard au constat initial qui a motivé l’appel, se distingue celle touchant à 
l’évolution de la démocratie et à la refonte des institutions. En effet, elle 
constitue un sujet de propositions, mais aussi le moyen de faire émerger les 
réformes envisagées au sein des autres thématiques. Elle est enfin la clé 
d’une réappropriation du politique par les citoyens.

Au sein des propositions de réformes institutionnelles trois principaux axes 
émergent, pour lesquels quelques exemples de réformes peuvent être cités :
-  la mise en place d’un régime parlementaire – ce régime adopté très 
largement par nos voisins européens permet de lutter contre la 
personnalisation du pouvoir, gangrène de notre propre régime, de pouvoir 
restaurer plus aisément un contrôle démocratique fort sur l’action de 
l’exécutif et de donner une place réelle à l’opposition ; il n’implique 
cependant pas d’oublier certaines pratiques efficaces du parlementarisme 
rationalisé.
-  l’émergence de formes de démocratie participative : notamment au travers de 
la participation du citoyen à la fonction d’édiction de normes, tant au 
niveau local que législatif ; la possibilité de saisine du Conseil 
constitutionnel par la société civile
-  l’éradication de mauvaises pratiques : la définition de règles contre le 
cumul des mandats en nombre et en durée – ce qui permettra un renouvellement 
du personnel politique et une lutte contre la corruption - ; la mise en place 
d’un statut de l’élu – qui permet notamment de diversifier l’origine 
professionnelle des élus - ; l’élection de tous les exécutifs locaux et la 
séparation stricte des pouvoirs législatif et exécutif au sein des 
collectivités locales ; la mise en place, sans cesse repoussée jusqu’ici, 
d’un droit de vote aux étrangers.

Mais ces propositions – qui peuvent susciter pour les unes consensus, pour les 
autres débat – doivent aussi être envisagées comme un moyen. En faisant 
advenir une modification constitutionnelle mettant en place des 
fonctionnements nouveaux, plus horizontaux, plus ouverts aux citoyens, on 
fait émerger aussi la possibilité de traduire en action politique des 
propositions issues de la société. A tous les niveaux, la réflexion en termes 
de processus démocratique doit être intégrée dans les propositions de 
réforme. Le problème que traverse notre société n’est pas tant celui d’un 
manque d’idées que celui d’une difficulté de celles-ci à prendre place à un 
niveau politique décisionnel.

La démocratisation de nos institutions, mais aussi de l’ensemble des rouages 
de prise de décision de notre société, est un enjeu central et surtout un 
préalable à la mise en œuvre de l’ensemble des réformes imaginées et à venir. 
Elle est le principal vecteur d’une réappropriation du pouvoir politique par 
les citoyens. Elle est la clé d’un réenchantement de la politique.

Marie-Sophie Peyre


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