[Comm2007] Compte-rendu du collectif d'animation du 19 mai
Philippe Aigrain
philippe.aigrain at wanadoo.fr
Mar 24 Mai 15:15:44 CEST 2005
En ligne à :
http://www.dossier2007.org/article.php3?id_article=51
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Collectif d’animation du 19 mai 2005
tenu à l’ADELS de 18h à 20h15
dimanche 22 mai 2005
Des représentants de divers réseaux associatifs et politiques avaient été
invités à cette réunion. 25 participants environ, en nette augmentation par
rapport aux précédentes réunions.
L’essentiel de la réunion a porté sur le contexte politique général, notamment
vis à vis du débat européen, le rappel des objectifs de voter Y (notamment
pour des participants à la réunion qui n’avaient pas été associés à sa
préparation), et la nature des initiatives à prendre dès après le référendum.
Tour de table de présentations, en particulier pour les réseaux invités :
Julien Lusson (militant d’associations de solidarité internationale), Gustave
Massiah (ATTAC et CRID), Anne Le Strat (verte), David Lebon (MJS), Claire
Villiers (Convention citoyenne pour une alternative à gauche).
Gilbert Wassermann retrace l’évolution récente de l’initiative et souligne que
dans un contexte où le débat sur le référendum du 29 mai mobilisait toutes
les attentions, les outils de communication, notamment la liste de discussion
générale diff ont fonctionné comme un amplificateur de bruit. Il souligne le
besoin de relancer le travail concret de l’initiative dès après le
référendum..
Jade Lindgaard propose de prendre la mesure de ce contexte.
Christophe Aguiton signale qu’à son avis la situation sera assez différente
suivent le résultat du référendum. Dans le cas d’une victoire du non -qu’il
souhaite- une période de latence assez longue lui parait probable, compte
tenu des repositionnements qu’elle entraînera. Il lui parait par ailleurs que
la campagne du non, même si elle s’apppuie sur un extraordinaire débat de
société a une faiblesse du fait qu’en dehors de la Confédération paysanne et
d’ATTAC, y manquent une partie importante des ONG et associations et que la
participation des syndicats y est en réalité limitée. Il signale l’importance
de la relation dans un tel contexte avec les tenants du oui critique et le
besoin de donner une priorité à la production de contenus en faisant
attention à la fenêtre de calendrier de quelques mois pour y travailler.
Philippe Aigrain signale que c’est la troisième fois que nous appelons à
donner la priorité à la production de contenus, et que cela ne semble pas
prendre aisément.
David Lebon souligne qu’en ce qui concerne les contenus, la méthode est
essentielle.
Guillaume Chochon remarque que le référendum a bon dos. Les propositions de
contenu existent souvent dans divers groupes spécialisés ou politiques, mais
les participants à l’initiative qui sont impliqués dans ces groupes n’amènent
pas ces propositions pour les mutualiser dans l’initiative.
Gustave Massiah remarque que la campagne a changé beaucoup de choses. elle a
révélé une mobilisation très importante. Quel rapport avec les interrogations
politiques ? A son avis il s’agit d’une filiation du mouvement de 1995 (mêmes
clivages), qui en son temps a réussi à freiner la mise en oeuvre des
politiques néolibérales sans en inverser le cours. Il signale que les acteurs
des mouvements sociaux ont été dans la campagne confrontés à des questions
qui ne font pas partie de leur univers habituel : partis, élections,
dimension institutionnelle, européenne. Enfin il remarque que la question des
rapports gauche de la gauche / gauche de gouvernement risque de faire son
retour.
Philippe Aigrain remarque que le périmètre du débat européen actuel dépasse
largement la gauche de la gauche et celui des luttes de 1995. Voter Y vise ce
périmètre plus large et doit privilégier la production d’une collection de
propositions thématiques par rapport à devenir un instrument de la gauche de
la gauche.
Jean-Michel Comte appelle, dans le cadre de Votez Y, à se dégager de
l’actualité, à adopter une position de recul seule à même de contribuer à
débloquer les perspectives et favoriser les échanges de contenus entre nos
différents participants ou groupes.
Anne Le Strat : Le 30 mai n’est pas aussi important que ça (les verts par
exemple sont très loin de l’explosion, ils en ont vu d’autres). L’important
c’est la demande de politique. Créer des lieux de débat public,
d’interrogation politique. Elle demande quelle initiative pour rebondir après
le 30 mai.
La question du rapport de voter Y avec les candidatures aux futures élections
est posée par un participant. En réponse, Gilbert Wassermann juge que ce
serait une sortie de route pour voter Y de penser candidatures avant de
penser contenus, mais que voter Y ne s’est pas interdit de peser sur les
modes de désignation des candidats. Il appelle à ne pas faire dans l’après 30
mai le rassemblement du non de gauche, mais à viser bien au-delà, en relation
avec les tenants du oui critique.
David Lebon :
- Sur la réalité du débat actuel : il y a un décrochage encore manifeste
d’une grande part de la société. Ne pas fantasmer sur la généralité d’un
débat constructif.
- Sur les objectifs de voter Y : "pour moi, je ne suis pas là pour faire un
programme, mais pour bâtir des points de convergence qui seront alors portés
par des candidats que nous (voter Y) ne désignerons pas".
- Enfin, il signale que même en cas de victoire du non, le PS ne se
recomposera pas autour d’un tenant du non.
Jade Lindgaard : propose une orientation vers des propositions concrètes. Il
faut définir des rendez-vous dans les semaines qui viennent, et s’élargir à
d’autres mouvements et réseaux. Le 11 juin une plénière est prévue, faut-il
d’autres réunions ?
Christophe Aguiton : il y a 2 différences avec 1995. Tout d’abord un
élargissement du rejet du néo-libéralisme. Ensuite, il n’y a pas de leader du
camp du non, et ceci pour des raisons profondes. En ce qui concerne voter Y,
l’initiative mèle force et faiblesse. Les forces sociales et associatives y
sont peu représentées. Il pense que sur de grands dossiers, il y a des
options qui peuvent être majoritaires, et qu’il faut peser en termes de
rapport de forces sur ces options si l’on parvient à les dégager.
Georges Debregeas : l’Europe a un peu éteint l’intiative mais peut aussi être
l’occasion d’un rebond. Sauvons la rercherche est d’accord à 90-95 % sur ce
que doit être la recherche européenne et se divise 50-50 sur le vote
référendaire. Georges suggère de donner un second nom au mouvement en
l’appelant "Plan B", ce qui aurait comme effet de dénationaliser et
désélectoraliser le mouvement, de le positionner vraiment dans une
perspective de redéfinition d’enjeux. Il souligne également l’importance de
se donner des lieux (cafés politiques ?)
Lydie Viallat rappelle qu’il y a eu un enthousiasme pour voter Y de gens non
politisés et qu’il est important de ne pas les décevoir. Il faut également
montrer qu’on l’intention de changer les institutions.
Yolande Fink : Une instance détachée de l’urgence est indispensable. Un
intervenant sur la liste de discussion signe "Fagot des multitudes". C’est un
bon nom. Ne pas mettre les gens dans des cases.
Eric Langevin : En Ukraine, au Liban des fondations américaines ont formé de
futurs acteurs pendant des années et ont ainsi pesé sur de futurs événements.
Avec les objectifs différents qui sont les notres, il nous faut aussi gérer
le changement à travers des techniques de management.
Claire Villiers : Ne pas créer de fossé oui / non est important, mais le
résultat du référendum n’est pas indifférent. Personne dans le futur contexte
ne fera la loi pour tout le monde, mais beaucoup pensent encore qu’ils sont
l’axe autour duquel les autres gravitent. Il y a aura des réseaux multiples.
Il faut s’assigner des tâches qui ont un sens dans cette situation. Présente
la réunion du 5 juin de la Convention citoyenne pour une alternative à
gauche. Suggère de bien distinguer :
- les réseaux politiques,
- les associations et les collectifs qui ne se pensent pas comme devant
mettre au pot commun leur expertise
- les citoyens directs
Thomas Heams : sur la Convention pour la 6ème république. Excuses pour notre
absence relative pendat un certain temps. Certes les institutions sont très
importantes (c’est notre objet même) mais il faut aussi travailler d’autres
aspects. De notre côté nous sommes prêts à travailler des aspects comme le
renforcement du rôle des parlements ou la démocratie participative que nous
avons pour l’instant beaucoup moins explorée.
Guillaume Chochon : sur la relation avec les partis politiques : j’aurai
plutôt une logique d’interface à tous les partis, plutôt que de se
positionner comme boîte à idées pour l’un ou l’autre. Par ailleurs, préciser
qui fait quoi, qui peut prendre telle responsabilité dans l’initiative est
essentiel.
Gustave Massiah : présente l’"Appel à un débat citoyen" envoyé à 30 ou 40
personnes impliquées dans divers réseaux. Démarche pour construire une
relation entre mouvements sociaux (Sauvons la Recherche, Coordination des
Intermittents, Droit au logement, etc.) et politiques. Appel de personnes
disant :
1. ce contre quoi ils luttent et ce qu’ils demandent que soit abrogé y
compris dans les mesures adoptées par des gouvernements de gauche,
2. qu’est-ce qu’ils proposent pour remplacer ce qui va être abrogé, à
soumettre au débat public,
3. comme il y aura des contradictions dans les propositions -> expertise
citoyenne, débat public et contradictoire,
4. Discussion de la cohérence des programmes
Philippe Aigrain doute de la possibilité de construire vraiment des
alternatives en partant de ce qu’on veut abroger : cela va canaliser trop les
propositions. Il serait aussi important de répertorier de nouveaux récits, de
nouvelles descriptions du monde qui ouvrent des possibles d’actions.
Gilbert Wassermann fait remarquer que la mention de mesures à abroger était
présente dès le texte de l’appel fondateur de l’initiative.
Jade Lindgaard considère que listes de choses à abroger tout comme répertoire
de nouveaux récits sont de bonnes propositions. Elle propose que l’on prépare
un texte à diffuser juste après le référendum.
La prochaine réunion du collectif d’animation aura lieu le heudi 2 juin à
l’ADELS, 108-118 rue Saint Maur, 75011 à 18h. La réunion plénière du 11 juin
aura lieu à Mains d’Oeuvres, 1 rue Charles Garnier, 93400 Saint-Ouen de 9h30
à 17h30.
Compte-rendu établi par Philippe Aigrain
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